« Vous n’êtes pas la cause des actes d’autrui. Ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité, de leur propre rêve. Lorsque vous êtes immunisé contre les opinions et les actes d’autrui, vous n’êtes plus victime de souffrances inutiles. »
— Don Miguel Ruiz
Il suffit parfois de peu de chose. Une remarque. Un jugement. Un silence. Une réaction que l’on ne comprend pas. Un comportement qui nous déçoit. Et voilà que quelque chose qui appartenait initialement à quelqu’un d’autre vient tranquillement s’installer chez nous. Sans même avoir sonné à la porte, évidemment. 😉



Nous retournons la situation dans notre tête. Nous cherchons ce que nous aurions pu faire autrement. Nous interprétons, nous imaginons, nous nous remettons en question. Et parfois, sans même nous en rendre compte, nous finissons par laisser le comportement d’une autre personne modifier le regard que nous portons sur nous-mêmes.
Pourtant, nous oublions une chose essentielle : chacun regarde le monde depuis sa propre fenêtre.
Nous ne voyons jamais tout à fait la même réalité
Nous avons tous notre propre manière de percevoir le monde. Notre histoire, notre éducation, nos expériences, nos blessures, nos croyances et nos peurs façonnent notre regard. Face à une même situation, deux personnes peuvent ainsi ressentir et comprendre des choses totalement différentes.
Ce que les autres disent ou font parle donc aussi de leur propre monde intérieur. Une personne qui juge exprime peut-être ses propres peurs. Une personne qui se met en colère touche peut-être à une blessure qui lui appartient. Une personne qui se ferme rencontre peut-être ses propres limites.
Cela ne signifie évidemment pas que tous les comportements sont acceptables ni qu’il faudrait tout excuser au nom des blessures de chacun. Cela signifie simplement que le comportement de quelqu’un d’autre ne constitue pas une mesure objective de notre propre valeur.
Et cette distinction peut changer beaucoup de choses.
Ne plus tout prendre personnellement ne signifie pas ne plus rien ressentir
C’est probablement la partie la plus difficile. Car comprendre intellectuellement que les actes des autres leur appartiennent est une chose. Réussir à ne plus être profondément déstabilisé par eux en est une autre ! Et peut-être, d’ailleurs, ne devons-nous pas chercher à devenir totalement imperméables. Les paroles et les comportements des autres peuvent nous toucher.
- Un manque de considération peut faire mal.
- Une injustice peut provoquer de la colère.
- Un jugement peut nous atteindre.
- Un silence peut nous attrister.
Nous sommes des êtres sensibles et relationnels. Ressentir n’est pas le problème. La liberté intérieure commence peut-être ailleurs : lorsque nous cessons de transformer ce que fait l’autre en une vérité sur nous-mêmes.
Quelqu’un peut ne pas nous comprendre sans que nous soyons incompréhensibles. Quelqu’un peut ne pas reconnaître notre valeur sans que nous en ayons moins. Quelqu’un peut ne pas être capable de nous donner ce dont nous avons besoin sans que nos besoins soient illégitimes. Il y a là un déplacement intérieur immense.
Ce que l’autre fait parle de lui. Ce que j’en fais m’appartient.
Nous avons finalement assez peu de pouvoir sur les autres. Nous ne pouvons pas obliger quelqu’un à nous comprendre. À changer. À nous considérer. À communiquer. À réagir comme nous aurions aimé qu’il le fasse. Et Dieu sait que notre mental aimerait parfois disposer d’une petite télécommande universelle pour régler tout ça. 😅
Mais cette télécommande n’existe pas. En revanche, nous avons un pouvoir immense sur une autre chose : ce que nous choisissons de faire de ce qui nous arrive.
Allons-nous garder une parole blessante en nous pendant des semaines ? Faire du comportement de quelqu’un une remise en question de notre propre valeur ? Continuer à porter une émotion, un jugement ou une histoire qui ne nous appartient peut-être même pas ?
Ou pouvons-nous apprendre, progressivement, à rendre symboliquement à chacun ce qui est à lui ? Non pas dans l’indifférence ou dans la colère. Mais avec discernement.
Cela t’appartient. Voici ce qui m’appartient. Et je choisis ce que je laisse entrer chez moi.
Et si nous prenions soin de notre espace intérieur comme de notre maison ?
En Feng Shui comme en géobiologie, je m’intéresse à ce qui habite nos espaces. À ce qui circule. À ce qui stagne. À ce qui nous nourrit et nous soutient. A ce qui nous appartient, à ce qui relève de l’histoire du lieu. Et à ce qui, parfois, mérite d’être déplacé, transformé ou nettoyé.
Je crois qu’il en va un peu de même pour notre monde intérieur. Au fil des années, nous accumulons toutes sortes de choses : des croyances, des jugements, des blessures, des paroles que nous avons faites nôtres alors qu’elles venaient de quelqu’un d’autre. Nous les conservons parfois très longtemps.
Un peu comme ces vieux meubles que l’on traîne de déménagement en déménagement alors qu’on ne les aime même plus. Mais bon, puisqu’ils sont là depuis quinze ans… 😄
Faire du tri dans son espace intérieur, c’est aussi se demander : Est-ce que cela m’appartient vraiment ? Cette peur est-elle la mienne ? Ce jugement que je porte sur moi correspond-il vraiment à ce que je pense… ou est-ce la voix de quelqu’un d’autre que j’ai fini par intégrer ? Cette réaction dit-elle quelque chose de ma valeur… ou simplement des limites de la personne qui est face à moi ?
Nous ne pouvons pas empêcher le monde extérieur d’entrer en interaction avec nous. Mais nous pouvons devenir plus conscients de ce que nous décidons d’en garder.
Cet été, voyageons un peu plus léger
À l’approche des grandes vacances, nous allons bientôt ressortir les valises. Et comme chaque année, essayer probablement d’y faire entrer beaucoup trop de choses avant de nous asseoir dessus pour réussir à fermer la fermeture éclair. 😅 Mais peut-être pourrions-nous profiter de cet été pour alléger aussi quelques bagages intérieurs.
Laisser aux autres leurs peurs, leurs jugements, leurs silences, leurs réactions et leurs projections. Non pas avec colère. Simplement avec cette conscience tranquille : Cela leur appartient. Et garder précieusement ce qui est à nous.
- Nos valeurs.
- Nos besoins.
- Nos limites.
- Notre capacité à aimer.
- Notre sensibilité.
- Et notre liberté de choisir ce qui mérite encore une place dans notre vie.
Après tout, avant de partir en voyage, nous choisissons ce que nous mettons dans notre valise. Et si, cet été, nous faisions la même chose avec ce que nous transportons à l’intérieur de nous ? Un peu moins de poids inutile. Un peu plus d’espace.
Et peut-être davantage de liberté pour profiter pleinement du voyage. ☀️🌿
Ce que l’autre fait parle de lui. Ce que j’en fais m’appartient.
